Clôture

Stocks : inventaire, valorisation, écritures

Sans inventaire, pas de résultat fiable : les achats de l'année ne deviennent une charge que pour la part réellement consommée. Comment compter, comment valoriser, et les deux écritures qui font tout le travail.

Guide·7 min de lecture·Mis à jour le 16 avril 2026Chiffres vérifiés sur les sources officielles

Une entreprise qui achète pour 100 000 € de marchandises dans l'année et n'en vend que la moitié n'a pas supporté 100 000 € de charges. Le reste dort en réserve, et il vaut toujours quelque chose. C'est toute la fonction du stock en comptabilité : rendre au résultat sa vérité, en n'y laissant que ce qui a été réellement consommé.

L'inventaire n'est pas optionnel

Le code de commerce impose un inventaire physique au moins une fois par exercice. Il s'agit d'un comptage réel, article par article, avec relevé des quantités et de leur état. Ce n'est pas un chiffre déduit du logiciel de gestion, même si celui-ci sert de point de comparaison.

Le document produit doit être conservé au même titre qu'un livre comptable, avec les mêmes durées. Il constitue la justification du poste de stock au bilan, et c'est le premier document qu'un contrôleur demande lorsque ce poste paraît anormal.

Le comptage se fait à la date de clôture, ou à une date proche à condition de pouvoir reconstituer les mouvements intermédiaires. Trois précautions évitent la plupart des erreurs : isoler les marchandises reçues mais non facturées, exclure celles vendues et non encore livrées si le transfert de propriété est acquis, et identifier ce qui appartient à des tiers, notamment le dépôt-vente.

À quel prix valoriser le stock ?

Le principe est le coût d'acquisition pour les biens achetés, le coût de production pour les biens fabriqués. Jamais le prix de vente : un stock ne dégage pas de bénéfice tant qu'il n'est pas vendu.

Le coût d'acquisition comprend le prix d'achat net des remises, augmenté des frais accessoires directement attribuables : transport, droits de douane, frais de manutention. La TVA récupérable n'en fait pas partie. Le coût de production comprend les matières consommées, la main-d'œuvre directe et les charges indirectes de production, à l'exclusion des frais administratifs et commerciaux.

Quand les articles sont interchangeables et ont été achetés à des prix différents, deux méthodes sont admises : le premier entré, premier sorti, qui sort les lots dans l'ordre d'arrivée, et le coût moyen pondéré, qui lisse les prix. La méthode retenue doit être appliquée de façon constante d'un exercice à l'autre, tout changement devant être justifié et mentionné en annexe.

Un revendeur achète 100 unités à 12 €, puis 100 unités à 15 €. Il en vend 120 et lui en reste 80. En premier entré premier sorti, les sorties correspondent aux 100 premières unités à 12 € puis à 20 unités à 15 €, et le stock final vaut 80 × 15 €, soit 1 200 €. En coût moyen pondéré, le coût unitaire est de (100 × 12 + 100 × 15) ÷ 200, soit 13,50 €, et le stock final vaut 80 × 13,50 €, donc 1 080 €. Le résultat de l'exercice diffère de 120 € selon la méthode retenue, et cet écart se retrouvera en sens inverse l'exercice suivant.

Les deux écritures de variation

La comptabilisation des stocks en fin d'exercice tient en deux temps, quel que soit le volume de l'entreprise.

Premier temps, l'annulation du stock initial : le compte de variation de stocks est débité, le compte de stock crédité de la valeur figurant à l'ouverture. Le stock de l'an dernier devient une charge de cette année, puisqu'il a été consommé.

Second temps, la constatation du stock final : le compte de stock est débité de la nouvelle valeur, le compte de variation crédité. Ce qui reste en réserve sort du résultat.

Les comptes diffèrent selon la nature. Pour les marchandises, le stock est en 37 et la variation en 6037. Pour les matières premières, stock en 31 et variation en 6031. Pour les produits finis fabriqués par l'entreprise, stock en 35 et variation en 713, qui est un compte de produits et non de charges : la production stockée augmente le résultat au lieu de le diminuer.

Le sens du compte de variation trompe régulièrement. Une variation de stock de marchandises positive au débit du compte 6037 signifie que le stock a diminué : l'entreprise a consommé plus qu'elle n'a acheté, et la charge de l'exercice augmente. Une variation créditrice signifie l'inverse.

Déprécier ce qui a perdu de la valeur

Le stock doit être inscrit au plus bas du coût et de la valeur actuelle. Si un article ne peut plus être vendu à un prix couvrant son coût, une dépréciation s'impose : marchandise démodée, denrée proche de la péremption, pièce détachée d'un modèle abandonné, article endommagé.

La dépréciation s'enregistre par une dotation en compte 6817, avec pour contrepartie un compte 39. Elle est réversible : si la valeur remonte, la dépréciation se reprend en produit. Elle est déductible fiscalement à condition d'être justifiée article par article, ou par catégorie homogène, sur la base d'éléments objectifs.

La destruction pure et simple relève d'une autre logique. Une marchandise détruite sort du stock, et la TVA déduite lors de l'achat doit en principe être régularisée, sauf dans les cas où la destruction est justifiée et documentée par un procès-verbal. C'est un point que les contrôles regardent avec attention, notamment dans l'alimentaire.

Ce que le poste stock raconte

Au-delà de l'obligation, le stock est un indicateur de gestion. Son rapport au chiffre d'affaires, exprimé en jours, mesure la vitesse de rotation : un stock qui représente quatre-vingt-dix jours de ventes immobilise beaucoup de trésorerie et vieillit.

Un écart important entre l'inventaire physique et le stock théorique du logiciel signale autre chose qu'une erreur de saisie : démarque inconnue, casse non enregistrée, erreurs de réception, parfois détournement. L'analyse de cet écart, article par article, vaut souvent mieux qu'un ajustement global passé en fin d'exercice.

Enfin, le poste stock est l'un des premiers regardés lors d'une cession ou d'une demande de financement. Un stock survalorisé gonfle artificiellement le résultat et les capitaux propres, ce qui se découvre toujours, et toujours au plus mauvais moment.

Sources officielles

Chiffres à jour au 16 avril 2026 — revus à chaque loi de finances.

Ce cas-là aussi. Et les autres.

La compta décrite dans cet article ? Marguerite la prépare, la validation reste humaine.