SCI

La 2044 des associés de SCI, ligne par ligne

Le résultat de la 2072 d'une SCI à l'IR ne s'arrête pas à la société : il se répartit entre les associés, qui le reportent sur leur 2044 puis leur 2042. Régime réel ou micro-foncier, quote-part, charges déductibles et un piège fréquent.

Guide·8 min de lecture·Mis à jour le 4 mai 2026Chiffres vérifiés sur les sources officielles

Une SCI familiale à l'impôt sur le revenu ne paie pas d'impôt : ce sont ses associés qui portent le résultat sur leur propre déclaration. Entre la déclaration de la société, la 2072, et l'impôt réellement payé par chacun, il y a un maillon souvent mal compris : la déclaration 2044 des revenus fonciers. Voici le chemin, ligne à ligne.

De la 2072 à la 2044 : le chemin du résultat

Tout part de la SCI. Chaque année, elle établit sa déclaration 2072 : elle y calcule son résultat foncier — loyers encaissés moins charges déductibles — puis répartit ce résultat entre les associés. Ce chiffre réparti ne s'arrête pas là. Chaque associé le reprend sur sa déclaration de revenus fonciers, la 2044, qu'il annexe à sa déclaration d'ensemble, la 2042. La SCI déclare une fois pour le collectif ; l'associé déclare sa part pour lui-même. L'impôt, lui, ne se paie qu'au bout de cette chaîne, à la tranche de chacun.

Dans la pratique, la SCI adresse à chaque associé un relevé de sa quote-part, chiffre qu'il n'a plus qu'à reporter. L'ordre des dépôts compte : la 2072 se transmet au printemps, et le résultat de la société doit être connu pour remplir correctement la déclaration personnelle qui suit. Sur la 2044, la quote-part se porte dans une rubrique dédiée aux revenus de sociétés immobilières non soumises à l'impôt sur les sociétés, distincte des loyers perçus en direct.

Quote-part : chacun selon ses parts

La répartition ne s'invente pas : elle suit le nombre de parts détenues, tel que fixé dans les statuts. Un associé qui possède 40 % des parts reprend 40 % du résultat, bénéfice ou déficit. Cette quote-part est le point d'ancrage de toute la déclaration personnelle. Un associé qui a emprunté pour acheter ses parts peut d'ailleurs déduire, sur sa propre 2044, les intérêts de cet emprunt personnel — un poste que la SCI ne connaît pas et qu'il ne faut pas oublier.

Un point surprend souvent : la quote-part se calcule sur le résultat de l'exercice, que la SCI l'ait versé ou non aux associés. Un associé peut donc être imposé sur des loyers restés sur le compte de la société, faute de distribution. La trésorerie et l'impôt ne suivent pas toujours le même calendrier — raison de plus pour anticiper la note lors de l'assemblée annuelle.

Régime réel ou micro-foncier

Deux régimes cohabitent pour les revenus fonciers. Le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts, sans autre déduction, dès lors que le total des revenus fonciers du foyer reste sous 15 000 € par an — quote-part de la SCI comprise. Le régime réel, lui, déduit les charges pour leur montant exact et passe obligatoirement par la 2044.

Un piège guette ici l'associé de SCI. Le micro-foncier n'est ouvert que si le foyer possède, en plus des parts, au moins un logement détenu en direct et loué nu. Un associé qui ne détient que des parts de SCI est donc exclu du micro-foncier : il relève forcément du régime réel et dépose une 2044, quel que soit le montant des loyers.

Le seuil de 15 000 € s'apprécie foyer par foyer, en additionnant les loyers perçus en direct et la quote-part des loyers bruts de la SCI. Détenir uniquement des parts de SCI ferme la porte du micro-foncier — le régime réel et la 2044 deviennent la seule voie, sans que ce soit un handicap : au réel, les charges réelles se déduisent.

Les charges déductibles au réel

Au niveau de la SCI, le résultat se construit en retranchant des loyers les charges admises : intérêts d'emprunt de la société, taxe foncière, primes d'assurance, frais de gestion, et travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration. Ni la construction ni l'agrandissement n'entrent dans le lot. En pratique, les gros postes restent les intérêts d'emprunt et les travaux d'entretien ; les frais de gestion et les primes d'assurance viennent ensuite, pour des montants plus modestes. Ce résultat net remonte ensuite, réparti, sur la 2044 de chaque associé, qui y ajoute le cas échéant ses intérêts d'emprunt personnels pour l'acquisition des parts.

Report final sur la 2042

Dernière étape : le revenu foncier net calculé sur la 2044 se reporte sur la 2042, où il rejoint les autres revenus du foyer. Il est alors imposé au barème progressif, augmenté des prélèvements sociaux de 17,2 %. Un déficit éventuel suit, lui, les règles du déficit foncier : imputation sur le revenu global dans une limite annuelle, report du surplus sur les revenus fonciers des années suivantes.

Marc détient 40 % d'une SCI familiale qui n'a pas opté pour l'IS. En 2026, la société dégage un résultat foncier de 12 000 €. La quote-part de Marc s'élève à 4 800 €. Comme il ne possède aucun autre bien loué en direct, il ne peut pas prétendre au micro-foncier : il reporte ses 4 800 € sur une déclaration 2044, puis sur sa 2042. Imposé dans la tranche à 30 %, il supporte environ 47,2 % de cette somme (barème et prélèvements sociaux réunis), soit près de 2 266 € au titre de cette quote-part.

Sources officielles

Chiffres à jour au 4 mai 2026 — revus à chaque loi de finances.

3 minutes par mois. Dès 9,99 €.

La compta décrite dans cet article ? Marguerite la prépare, la validation reste humaine.