Cotisations du micro en 2026 : taux et répartition
Les taux de cotisations du micro-entrepreneur bougent au 1er janvier 2026, et la façon dont ils se répartissent aussi. Le libéral en régime général passe à 25,6 %. Tour d'horizon de ce qui se prélève réellement sur chaque encaissement.
Le micro-entrepreneur ne calcule pas ses cotisations : il applique un pourcentage à ce qu'il a encaissé, et c'est fini. Cette simplicité a un revers, celui de rendre les changements de taux presque invisibles. Or au 1er janvier 2026, deux choses ont bougé en même temps : un taux a été relevé, et la répartition interne de tous les autres a été revue.
Ce qui change au 1er janvier 2026
Le changement le plus visible concerne les professions libérales relevant du régime général de la sécurité sociale des indépendants : leur taux de cotisations passe de 24,6 % à 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé. Un point de plus, sur une base qui est le chiffre d'affaires brut et non le bénéfice.
Le second changement ne se voit pas sur la facture globale, mais il compte pour l'avenir. À l'intérieur du taux, la part de CSG-CRDS (des contributions qui financent la protection sociale sans ouvrir de droits personnels) diminue, tandis que la part des cotisations retraite augmente. Autrement dit, à prélèvement quasi constant, une fraction plus grande de ce qui est versé se transforme en droits individuels : trimestres validés, points de retraite complémentaire. C'est le sens de la réforme portée par la loi de financement de la sécurité sociale, qui touche aussi les indépendants au réel.
Quel taux selon l'activité ?
Le taux dépend de la nature de l'activité, jamais du statut juridique ni du niveau de revenu. Une même personne exerçant deux activités distinctes déclare deux chiffres d'affaires et applique deux taux.
| Activité | Taux 2026 | Seuil de chiffre d'affaires |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, fourniture de logement | 12,3 % | 203 100 € |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % | 83 600 € |
| Professions libérales, régime général (BNC) | 25,6 % | 83 600 € |
| Professions libérales affiliées à la Cipav | 23,2 % | 83 600 € |
Les seuils ont eux aussi été revalorisés pour la période triennale qui s'ouvre : 203 100 € pour les ventes, 83 600 € pour les services et les activités libérales. Ils s'apprécient sur l'année civile, au prorata en cas de création en cours d'année.
Karim, graphiste installé en libéral au régime général, encaisse 4 200 € en janvier. Ses cotisations du mois s'élèvent à 4 200 € × 25,6 %, soit 1 075,20 €. Au taux de 2025, la même somme aurait donné 4 200 € × 24,6 %, soit 1 033,20 €. L'écart mensuel est de 42 €, et de 504 € sur une année à ce rythme. Sur ce total, la part qui alimente sa retraite a progressé, ce qui ne se lit sur aucune ligne de la déclaration mais apparaîtra sur le relevé de carrière.
Une précision utile pour qui compare les statuts : ce pourcentage couvre la maladie, la maternité, les allocations familiales, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité-décès et la CSG-CRDS. Il ne comprend ni assurance chômage, ni mutuelle, ni prévoyance complémentaire. Le micro-entrepreneur n'acquiert aucun droit à l'assurance chômage au titre de son activité, ce qui reste l'un des écarts les plus structurants avec le statut d'assimilé salarié.
Ce qui s'ajoute au taux principal
Le taux affiché n'est pas tout à fait le prélèvement total. Trois lignes viennent s'y greffer.
La contribution à la formation professionnelle se calcule aussi sur le chiffre d'affaires, pour une fraction supplémentaire comprise entre 0,1 % et 0,3 % selon que l'activité est commerciale, artisanale ou libérale. C'est elle qui ouvre l'accès aux droits de formation.
La taxe pour frais de chambre consulaire concerne les commerçants et les artisans immatriculés, pas les professions libérales. Elle se prélève par le même canal, sur le même chiffre d'affaires, à un taux très faible qui dépend de l'activité et de la chambre de rattachement.
Enfin la cotisation foncière des entreprises reste due, mais elle suit un circuit totalement séparé : ni Urssaf, ni pourcentage du chiffre d'affaires, mais un avis annuel à régler avant le 15 décembre.
ACRE et versement libératoire : les deux variables
Deux dispositifs peuvent modifier le taux réellement supporté. L'ACRE, l'aide accordée au démarrage, réduit les cotisations de la première période d'activité. Son ampleur a changé au 1er juillet 2026 : la réduction est de 50 % pour les activités créées avant cette date, et de 25 % pour celles créées à partir de cette date.
Le versement libératoire, lui, ne touche pas aux cotisations mais à l'impôt sur le revenu : il ajoute 1 %, 1,7 % ou 2,2 % au prélèvement selon l'activité, et solde l'impôt dû sur ces recettes. Il n'est ouvert que sous condition de revenu fiscal de référence, et se demande dans des délais stricts.
Quand et comment déclarer ?
La déclaration se fait en ligne, mensuellement ou trimestriellement selon l'option retenue à la création. En mensuel, le chiffre d'affaires d'un mois se déclare le dernier jour du mois suivant ; en trimestriel, les échéances tombent fin avril, fin juillet, fin octobre et fin janvier. Le paiement suit immédiatement la déclaration.
La première déclaration bénéficie d'un décalage : une activité créée en cours d'année ne déclare qu'après un délai de carence de quatre-vingt-dix jours environ, en cumulant la période écoulée. Ce report surprend souvent, et donne l'impression trompeuse d'un premier trimestre gratuit.
Changer de périodicité reste possible, mais seulement pour l'année suivante et avant le 31 octobre. Un choix qui mérite réflexion : le trimestriel allège la charge administrative, le mensuel lisse la trésorerie et évite de découvrir un prélèvement de trois mois d'un seul coup.
Une erreur de taux se rattrape : l'Urssaf régularise sur la déclaration suivante, sans pénalité si la démarche vient du déclarant. Une omission de chiffre d'affaires, en revanche, relève de la majoration pour déclaration incomplète.
Sources officielles
- urssaf.fr - Réforme de l'assiette sociale des indépendants
- entreprendre.service-public.gouv.fr - Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur
- entreprendre.service-public.gouv.fr - Seuils du régime micro
- entreprendre.service-public.gouv.fr - Régime de retraite du micro-entrepreneur
Chiffres à jour au 7 janvier 2026 — revus à chaque loi de finances.
Ce cas-là aussi. Et les autres.
La compta décrite dans cet article ? Marguerite la prépare, la validation reste humaine.